sainte fatima de molem : de Ben Hamidou

Depuis sa création en décembre 2009 à la Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale de Molenbeek-St-Jean, la tournée du spectacle Sainte Fatima de Molem a débuté à Anvers au Wereldculturencentrum Zuiderpershuis (spectacle en français sur-titré en néerlandais), puis à la Maison de Jeunes Le 88 à Bruxelles et au Printemps de l'éthique à Libramont.

PROCHAINES REPRESENTATIONS:

LE 20 AOUT A 20 H - FESTIVAL DES THEATRES NOMADES
Grand Chapiteau -Parc de Bruxelles
ENTREE GRATUITE - RESERVATION INDISPENSABLE AU 02.219.11.98

http://www.festivaldetheatredebruxelles.be/

-le 25 septembre à 20h - Festival du Rire d'Anderlecht - Café Théâtre des 2 Gares

-du 30 novembre au 5 décembre à la Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale de Molenbeek-St-Jean

-du 7 au 18 décembre, au Théâtre Varia

http://www.varia.be

SAINTE FATIMA DE MOLEM, on en parle...

Extrait de la Chronique de Paul Hermant - RTBF - Matin Première - 8/12/09.

(...)La France a besoin d'enterrer et de décorer. C'est comme ça. Et parfois c'est la même chose, il y a quelque jours, le président Sarkozy décernait la légion d'honneur à Dany Boon, vous savez, l'homme des Chtis. Il lui a dit : "Vous êtes fils d'un Kabyle, marié à une catholique picarde, d'un boxeur devenu chauffeur routier à Armentières. Bon, ça commençait pas terrible, il faut bien reconnaître les choses. (…) Puis il a enchaîné : "Vous aviez déjà choisi la fiction contre la réalité en préférant le nom de Dany Boon au très joli nom, le vrai, Daniel Hamidou. Bon, ça s'aggravait de plus en plus. Je peux me permettre, moi c'est Sarkozy. Mais Hamidou, quand même, allez faire une carrière avec ça. »
C'est précisément ce que fait Ben Hamidou, avec ça. Une carrière. Avec ce très joli nom-là, Hamidou. Ce comédien molenbeekois qu'on a vu dernièrement dans "Les Barons" propose ces jours-ci son premier one-man-show. Sur sa grand-mère kabyle débarquée dans les années 60 à Molenbeek : ça s'appelle "Sainte Fatima de Molem" et il faut y courir. Vous pensez que ça parle d'immigration mais en fait, ça répond à la célèbre question "comment peut-on être belge". Ah, Pascal, que vienne vite le débat sur l'identité postnationale. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.
"Sainte Fatima de Molem" de Ben Hamidou et Gennaro Pitisci est à voir jusqu'au 16 décembre à la maison des Cultures, rue de Berchem à Molenbeek.


Foyer 40 - Opinion - Johan Leman

Un très beau solo de Ben Hamidou, Molenbeekois de souche et toujours très attaché à sa commune. Un texte co-écrit par Gennaro Pitisci, également Molenbeekois quoi que d’origine italienne.
L’auteur nous parle de sa grand-mère. La pièce commence dans la maison du conteur, séparé de Clémence (avec qui - nous l’apprendrons plus tard - il était marié grâce à l’intervention de sa grand-mère, Sainte Fatima) et qui veille ce soir sur ces deux enfants, un garçon et une fille. Suite à un coup de téléphone il semblerait que Clémence sortira ce soir avec Hassan, un ancien copain du conteur.
Le conteur nous parle alors de son enfance avec sa grand-mère, une femme berbère issue d’un bled dans le Rif, avec les tatouages typiques de l’époque, sa vie à la maison et à l’école … et la place qui tenait sa grand-mère. C’est l’histoire d’un enfant et de sa grand-mère : l’histoire du très grand fossé entre les générations, fossé social et culturel, où l’enfant (le conteur) nous emmène à travers son imagination. La grand-mère et l’enfant conteur se retrouvent dans le monde des cow-boys : ils étaient les premiers cow-boys berbères des western-spaghetti.
Une formation à l’Académie de Bruxelles amènera le conteur à se détacher pour la première fois de Molenbeek (Molem) et de sa grand-mère : il atterrit de l’autre côté du canal. C’est durant sa formation que meurt sa grand-mère, enfin … elle est mourante et déjà on parle de sa mort lorsque soudainement elle se ressaisit : l’erreur médicale devient un miracle. Sa grand-mère revient dans le quartier et est acclamée sainte, guérisseuse, miraculée, Sainte Fatima de Molem. Les étudiants de l’Académie, à la recherche d’un sujet, en feront une pièce de théâtre. Ensuite, après de nombreux petits jobs en tant qu’animateur au club Méditerranée, le conteur reviendra à Bruxelles … pour la mort (véritable) de sa grand-mère, et il sera présent aussi lors de son enterrement dans son bled dans le Rif. C’est un très beau one-man-show. Le conteur est certainement éreinté à la fin de la pièce. L’effort demandé est énorme. Ce doit être épuisant. Mais Ben Hamidou est brillant. La pièce a aussi une véritable profondeur. Les écrivains ont été courageux dans leur critique de l’Islam, des religions en général, des propres traditions, des mythes concernant l’intégration, et pourtant ils demeurent à tous les coups respectueux des opinions de chacun … Après "Les Barons" voici une nouvelle explosion de la créativité artistique à Molem (Molenbeek-saint-Jean). Chaudement recommandé pour tous ceux qui veulent apprendre à mieux connaître Molenbeek et passer une agréable soirée.


Missing, en tournee en 2010

Malgré les perturbations des vols dues aux cendres du volcan islandais, la comédienne turque Meryem Erol a pu rejoindre la Belgique pour la reprise du spectacle Missing.
Joué pour la première fois en Flandre avec une traduction surtitrée en néerlandais, le spectacle a reçu un accueil chaleureux au Zuiderpershuis d’Anvers où le public a encouragé cette initiative de rapprochement des communautés culturelles.
La tournée s’est poursuivie au Centre Culturel Arabe en Pays de Liège, dans des associations et établissements scolaires * à Bruxelles où là encore, le public a manifesté son intérêt et nous encourage à diffuser ce spectacle la saison prochaine. Ainsi, des parents d’élèves ont tenu à s’adresser directement aux Bourgmestre et Echevin de la Culture de Saint-Josse-Ten-Noode pour leur faire part de leur intérêt, posant ainsi un acte citoyen de politique culturelle, en leur écrivant : « Nous avons trouvé ce spectacle profondément humain, touchant, criant de sincérité et de vérité qui fait évoluer les mentalités. Tout à fait adapté à l'approche des genres dans la multiculturalité, nous constatons que nos jeunes sont amenés, grâce à ce type d'interpellation, à une prise de conscience positive et pleine d'espoirs.


Missing en tournée en 2011 dans les ecoles


Une version adaptée

Plus de trois mille spectateurs ont vu ce spectacle au Théâtre Le Public, au Botanique, au Festival des Libertés, au Centre culturel de Forest, au Centre culturel d'Evere, au Thé au Harem d’Archi Ahmed, au Wereldculturencentrum Zuiderpershuis à Anvers, au Centre Culturel Arabe en Pays de Liège...
En 2011, nous présenterons le spectacle dans une version adaptée auprès d'une dizaine d'écoles du secondaire supérieur et de l'enseignement supérieur.
Pour toute information, veuillez contacter Anne Dessambre au 02.539.36.87 ou par mail : brocoli@skynet.

Missing, on en parle...

http://www.mondequibouge.be/index.php/2009/03/missing-le-theatre-est-il-un-peche-a-saint-josse/

Sur le site du CBAI : Mélange des genres -Théâtre Brocoli
La mixité des genres dans l’espace public est un fait et un acquis, mais est-ce un fait acquis ? Par exemple, est-il possible aujourd’hui, pour des habitants d’un quartier fragile comme à Saint-Josse, de se réunir entre hommes et femmes dans le but de monter un spectacle théâtral? Une réponse avec Missing.

http://www.cbai.be/publications/numeros/269-270.html#


Missing remporte le prix j'en pince!

En mars 2009, au Théâtre Le Public avait lieu la cérémonie du Prix "J'en Pince, J'en Pince pas" décerné par Vie Féminine, dans le but de sensibiliser le grand public aux inégalités liées au sexisme. C'est avec un grand honneur que l'équipe du Brocoli Théâtre et les comédiens du spectacle "Missing" ont reçu le Prix J'en Pince 2009.

"En remettant le Prix J’en Pince à Missing, le jury souhaite souligner tant la démarche de fond que la qualité de cette pièce de théâtre-action. Sur scène, des comédien-ne-s amateur-e-s mettent l’accent sur les fragilités plutôt que sur les réussites, remettant en question la domination masculine, le mythe de l’égalité-déjà-là et tout ce qui paraît impossible à changer. Le jury espère que ce prix permettra à Missing de bénéficier d’un nouveau coup de projecteur et d’organiser de nouvelles représentations.

Le Prix J'en Pince pas 2009 a été remis à la société Electrabel pour sa campagne publicitaire « Ensemble pour moins de CO2"
http://www.viefeminine.be/spip.php?article963


 

 

       

Le texte du spectacle « Missing » est publiÉ aux Éditions La Mesure du possible.

Théâtre action à Saint-Josse
Est-il possible aujourd’hui, pour les habitants de nos quartiers les plus fragiles, de se réunir entre hommes et femmes dans le but de faire un spectacle de théâtre ? A en croire Hamid et Meryem, seuls rescapés d’un groupe d’une trentaine d’habitants, l’expérience de la mixité tient plutôt de l’utopie… Et pourtant… Gennaro Pitisci, un des auteurs de « Gembloux, à la recherche de l’armée oubliée », livre ici le récit d’une aventure hors du commun, entre humour, tendresse et colère : une pièce de théâtre, sans doute, mais quel cirque !
Avec des textes de Ahmed Medhoune et Paul Hermant

Ce texte, issu d’un atelier d’écriture réalisé avec le Brocoli Théâtre à Saint-Josse est publié aux Editions La Mesure du possible.

Vous pouvez commander ce livre en envoyant vos coordonnées par e-mail au Brocoli Théâtre brocoli@skynet.be et en versant la somme de 9,5 € par exemplaire (frais de port gratuits pour la Belgique, + 2,1 € pour l’étranger) sur le compte :
068-0814070-73 (IBAN: BE27 0680 8140 7073 – BIC: GKCCBEBB)
Brocoli Théâtre — 6 rue du Canada — 1190 Bruxelles Belgique
ou aux éditions La Mesure du possible www.lautresite.com

 
 


Format: 11,5 x 19cm / 100 pages
ISBN: 978-2-930441-18-4
Prix: 9.5 €

« Missing », on en parle…
Dans le journal n°19 de Culture et DÉmocratie

Missing – L’éblouissement culturel
Pour la première fois de ma vie, j’ai osé mettre ma photo sur mon CV, s’exclamait un jeune Africain, au lendemain de l’élection de Barack Obama. La scène se déroulait au Thé au Harem d’Archi Ahmed, un café-restaurant de Saint-Josse, lors d’une représentation de la pièce Missing, mise en scène et produite par le Brocoli Théâtre.
Ce soir-là, nous, le public, avons vécu des moments de pure magie. Ce spectacle était en effet l’aboutissement d’un travail de près de trois ans, entrepris à l’initiative de cette petite commune bruxelloise, et mené à bien par une compagnie de théâtre-action, avec la participation active des habitants. Pas les habitués des salles de spectacle. Non. Des volontaires recrutés dans des cours de français pour immigrés. Issus des quatre coins du monde, une trentaine d’entre eux acceptèrent de jouer le jeu. Un réel défi lorsqu’on sait que cette pièce à inventer, écrire, monter, jouer avait pour thème les relations femmes-hommes. Dans un contexte culturel où la mixité reste taboue, les unes et les autres se réunirent séparément pendant trois mois. Chacun eut la parole. Et posa des questions à l’autre groupe par animateurs interposés.
Rédigé par Gennaro Pitisci, le texte final de cette création collective évite les grands clichés, les prises de position à l’emporte-pièce et séduit par le sens de l’écoute dont il témoigne.
Lorsque les répétitions théâtrales mixtes commencèrent, les pressions sociales se firent pesantes. Certains n’avaient pas dit à leur famille qu’ils participaient à la création d’un spectacle, laissant penser à leur entourage qu’ils se rendaient à leur cours de français. D’autres, surtout lorsqu’ils découvrirent la grande salle du théâtre Le Public, où devait se jouer la première de la pièce, eurent brusquement peur d’assumer une prise de parole en public.
Tant et si bien que la trentaine de participants fondit comme glace sur la langue. Seuls deux d’entre eux restèrent jusqu’au bout. Les deux acteurs principaux, qui jouent tous les rôles de la pièce, soutenus par un choeur d’une vingtaine de personnes, représentant ceux qui s’éclipsèrent au fur et à mesure.
Deux figures inouïes : Meryem, une jeune femme turque, ne parlant pas le français, mais qui a parfaitement appris son texte et le restitue avec un charisme et une présence sur scène extraordinaires.
Et Hamid, venu assister aux répétitions bracelet électronique au pied, et qui n’a fait part aux autres membres du groupe de son statut de prisonnier que le jour où on lui a enlevé son moderne boulet. Évoqué lors du spectacle, je pensais que cet épisode faisait partie de la fiction théâtrale. Mais non. Nous étions en plein dans la réalité.

Cette pièce, qui mêle avec brio le récit de l’atelier et la fiction collectivement inventée, n’est-elle pas une illustration quasi parfaite – emblématique – du droit à l’épanouissement culturel de tous les citoyens, à commencer par les plus défavorisés, fragilisés, marginalisés ?
Elle a en effet permis à des personnes n’ayant jamais mis le pied dans un théâtre, non seulement d’assister au spectacle, mais aussi pour certains d’y participer en tant qu’acteurs.
Missing illustre l’importance du dire et nous rappelle que tout ce qui paraît impossible à changer en ce monde peut être exprimé, revisité, transformé, souligne Gennaro Pitisci. Cette quête relève d’un engagement artistique et politique qui traduit notre fascination pour tout ce qui relie les hommes.

Anne-Marie Impe
Rédactrice en chef d’Enjeux internationaux

PS: Envie d’assister à la prochaine représentation?
brocoli@skynet.be ou 02 539 36 87. Le texte est également devenu livre, grâce à La mesure du possible, une petite maison d’éditions originale et courageuse, qui s’est spécialisée dans la publication de paroles collectives.